Arrivés à Padum

Arrivés à Padum épuisés et déliquescents, après une bonne douche TRÈS CHAUDE grâce aux panneaux solaires de notre guesthouse, j’étais frais comme un gardon.

Mais réussir à se loger à Padum  ne fut pas chose aisée.

Parvenus à destination sous un soleil de plomb et un ciel bleu limpide, impossible de trouver la moindre chambre !!! Quatre hôtels convenables aux très belles chambres propres et confortables, mais sans aucun manager pour nous accueillir et nous indiquer les prix.

Des hôtels vides de tout client, laissés à la garde de braves benêts ne parlant que l’ourdou  et incapables d’assurer l’accueil, donc impossible de nous y installer sans savoir où nous mettions les pieds au niveau des prix !!!.

Des guesthouses plus modestes aux chambres et lits crasseux à souhait alors que nous n’aspirions qu’à une bonne douche.

Padum, la principale ville du Zanskar, n’est qu’un village médiéval crasseux, des gens crasseux partout : Je crois découvrir le Tibet, au niveau saleté, hygiène, et pauvreté, tel que l’a dépeint Alexandra David Néel, un siècle auparavant !!!

Finalement, un jeune homme nous a dirigés vers une guesthouse « de luxe ».

Oui, chambre très propre, eau chaude solaire, draps propres, mais minuscule, et, une fois de plus, pas de drap de dessus.

On doit se recouvrir avec la couverture ou couette sous laquelle les autres voyageurs ont dormi et… transpiré.

Va faire comprendre à Johny que je veux dormir dans MON propre (c’est le cas de le dire) sac de couchage !!!

Et là, subitement, l’horreur !

Pour moi, pas pour lui.

La manifestation soudaine de l’altitude à 3600m. Je pensais que mon corps s’y était déjà adapté.

Je ne ressens aucun des symptômes décrits un peu partout tels que maux de tête, maux de dents, nausées… Mais une fatigue à ne pas tenir debout ni faire seulement cinq mètres pour aller manger au restaurant le plus proche.

Toute la nuit j’ai eu l’impression de m’asphyxier, de manquer d’air, de ne plus pouvoir respirer tandis que mon compagnon dormait à poings fermés. J’ai envisagé le pire : repartir au plus vite car le malaise semblait s’installer tout au long de la nuit puis de la matinée.

Pour mieux respirer, je me suis aidé de quelques inhalations de « symbicort ». Je ne sais pas si c’était la bonne chose à faire, mais j’ai pensé que ça allait dilater mes bronches.

Je me suis traîné au restaurant pour le petit déjeuner comme si je venais de faire un Marathon !

Affamé cependant, j’ai avalé gloutonnement l’exquise nourriture tibétaine du Lhassa Restaurant, un boui-boui tristounet tenu par une aubergiste encore plus tristounette, voire sinistre et peu amène, mais quelle cuisine ! Et quelle abondance !!!

Pour trois francs six sous !!!

Johny a fini par me dire qu’il se sentait épuisé lui aussi. Et nous sommes retournés nous coucher de 9h à 14h.

Et au réveil, miracle ! Tout était passé.

C’était probablement le contre-coup de la traversée de tout le Zanskar du nord au sud, de Kargil à Padum, pendant 48h…

et aussi de l’incroyable quantité de poussière inhalée au cours du trajet.

Nouveau repas tibétain, puis nous avons changé d’hôtel (trop bruyant à cause de travaux d’agrandissement, et sans aucun espace extérieur, ni restaurant), pour un de ceux visités la veille.

Cette fois, nous avons étés accueillis merveilleusement par le manager qui s’est excusé de son absence de la veille.

Chambres au même prix que la guesthouse, toutes disposées autour d’un vaste jardin-patio arboré, et toutes inoccupées (on nous en a fait visiter une dizaine, l’embarras du choix).

Un havre de paix.

Nous commençons enfin à récupérer et à nous sentir bien.

A présent c’est Johny qui n’est vraiment pas en forme. Mais aussi, il vient d’appeler chez lui et son père semble vraiment en phase terminale de son cancer… Je ne sais pas comment va finir son voyage avec moi.

Il ne vous reste qu’à visualiser les photos ci-dessous

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