De Kargil à Parkachik

De Kargil à Parkachik, nous montons en direction de Padum, la « capitale » du Zanscar si l’on peut dire, bien que le Ladakh et le Zanskar fassent partie de l’Etat Jammu et Cachemire.

Nous sommes tombés un peu par hasard sur deux petits chauffeurs adorables grâce à la tentative d’arnaque d’un des hôteliers où nous avions pris chambre. En bon cachemiri ayant la bosse du commerce, il avait la «tchatche» facile et m’avait persuadé qu’il pourrait nous faire conduire jusqu’à Padum par un de ses comparses avec une petite voiture !

Quand ce dernier nous a présenté les deux chauffeurs (pourquoi deux ?), j’ai eu une impression très négative, les jugeant sur leur mine : entre 20 et 22 ans pas plus, trop jeunes pour leur confier ma vie, cheveux hirsutes, vêtements douteux…

En fait ce sont ces pauvres garçons, deux Zanskari, qui se sont fait gruger. Il nous avait demandé10 000 roupies. Il s’est pris 5000 pour lui, pour 40 kilomètres de route goudronnée et facile, mais comme il s’était engagé à nous maintenir le même prix, les deux jeunots devaient se contenter de 5000 également mais pour les 220 kilomètres restants de piste à travers la montagne !

Ces deux garçons se sont révélés des chauffeurs adorables et exemplaires à tous les niveaux, y compris lors d’un passage où j’ai cru que le voyage allait s’arrêter là, car une rivière tumultueuse en crue à cet endroit avait coupé la route. Après moult essais pour tester la profondeur, et avec mille précautions nous sommes passés. Ouf !

Ils se relayaient chaque fois que celui qui avait le volant était fatigué.

J’ai compris pourquoi deux.

Toujours souriants, ne renâclant jamais à nos demandes d’arrêt photos ou pipi. Nous avons fait la route en deux jours selon mon projet et désir car je ne me voyais pas rouler une fois de plus pendant 15 heures d’affilée.

La première partie ne peut pas se raconter sans écrire un roman fleuve, et encore moins la seconde.

L’Etape à Parkachik fut folklorique, dans un Tourist Government Bungalow. Un dortoir et deux chambres seulement, très propres, très peu cher, mais draps, sans être vraiment sales, ayant manifestement servi plus d’une fois à des fous de passage comme nous.

De toutes façons j’ai dormi tout habillé tant il faisait froid et j’ai admiré Johny, pour qui dormir tout habillé était une hérésie et un manque d’hygiène totale, et qui a donc ôté ses vêtements.

Ce qui ne l’empêchera pas, le lendemain, de s’allonger tout habillé, avec son pantalon crasseux, sur des draps blancs immaculés.

Couverts de poussière, nous nous sommes douchés tous les deux mais   à l’eau glacée.

Repas copieux mais on ne peut plus sommaire.

Pas d’eau en bouteille : catastrophe ! Nous n’en avions plus.

Johny de me convaincre que l’eau de la source à l’extérieur était si pure que je pouvais la boire sans aucun risque. Peut-être… Mais avec l’urine des yacks, chèvres, moutons, des bergers et bergères qui se lavent aussi les fesses dans ces sources glaciales, j’ai préféré m’abstenir et ai demandé à notre sympathique gardien de me confectionner un litre de thé pour lequel je sais que l’eau bout et rebout plus que de raison.

 Voyager avec un indien me réserve des surprises qui me hérissent par moments tant nous n’avons pas du tout ni la même logique, ni les mêmes valeurs, ni les mêmes notions d’hygiène !!!

Pas d’électricité avant 20h, alors que nous étions sous les couvertures à 20h30. Juste de quoi recharger les ordinateurs et les batteries d’appareils photos pendant que nous dormions, ou plutôt qu’il dormait, car ma nuit n’a pas été aussi paisible que la sienne. Pourtant nous nous étions offert une ballade de 5 à 6 kilomètres à 2600 m d’altitude, en direction du Glacier de Parkachik.

Une vision lunaire : telle une coulée de lave qui aurait gelé, celui-ci dévale jusqu’à la rivière dans laquelle il se fond, en bordure de la route.

Froid, inconfort, et manque de sommeil, le voyage s’annonçait rude.

Mais c’était une expérience de plus.

Du coup, nous sommes repartis à 6h, bien plus tôt que prévu, car les chauffeurs étaient réveillés eux aussi et nous attendaient.

Nous nous souviendrons toujours de l’étape

De Kargil à Parkachik

 

Des centaines de photos à trier et sélectionner, mais le choix est difficile car la plupart d’entre elles sont superbes, malgré les conditions difficiles de prise de vue par la fenêtre du Scorpio qui nous trimballe à travers monts et vaux dans les cahots et les virages !

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