De Parkachik à Rangdum

 

 

 

Aller de Parkachik à Rangdum nous a semblé très compromis dès les tous premiers kilomètres. Sitôt passé le glacier, nous nous sommes trouvés face à un camion venant en sens inverse, tous deux bloqués par la rivière aux flots tumultueux qui avait débordé et envahi la route.

Nos deux petits chauffeurs nous disent qu’on ne peut pas savoir si l’eau a emporté une partie de la chaussée et donc quelle est la profondeur de l’étendue d’eau à cet endroit précis. Ils y jettent des cailloux qui nous laissent supposer une profondeur ne nous permettant pas d’avancer sans risque de rester bloqués au milieu de l’eau ou d’être emportés par le flot bouillonnant et mugissant de la rivière.

Subitement, le chauffeur du camion prend le risque d’avancer précautionneusement.

Nous retenons notre respiration.

Certes, dans cette situation nous ne risquions aucun danger, mais à la vue de la force du courant et du débit de l’eau nous redoutions d’être immobilisés à Parkachik pour une durée indéterminée.

Le camion avance petit à petit et les petits jeunes suivent attentivement sa progression et notent à quelle hauteur l’eau arrive sur les roues du camion et en déduisent que ce sera juste mais que nous pouvons tenter notre chance de passer.

Nous voilà réembarqués dans le Scorpio et… nous passons ! Sous les regards inquisiteurs des ânes semi-sauvages du Zanskar.

Nous éclatons de rire tous les quatre. Je pense que les garçons souhaitaient autant que nous réussir à passer.

Un peu plus loin, nous commençons à apercevoir les premières superbes

marmotta caudata (la marmotte à longue queue)

Bien plus belles et plus grandes que la 

marmotta himalayana

,

 qui nous accompagneront une bonne partie de la traversée de Parkachik à Rangdum et bien au-delà.

Le spectacle devient hallucinant de beauté, à vous couper le souffle.

Rivières bouillonnantes, alternance de vallées d’une largeur impressionnante, de pics enneigés, de glaciers, de cascades, de sources multiples, de défilés ou de vastes plateaux herbeux à l’infini, dans un invraisemblable remue-ménage de tout le corps des pieds à la tête en passant par le dos et la nuque.

Et c’est avec joie que nous atteignons le 

plateau de Rangdum

où nous pouvons faire notre première halte pour aller aux toilettes, boire un bon thé bien chaud, et avaler gloutonnement un petit déjeuner salé bien mérité dans une ambiance de bout du monde dans une gargote de Juldo, petit hameau de rares maisons et deux ou trois dhabas (boui-bouis), ouvertes tout près du Check Post (vérification des passeports et des papiers du véhicule), juste avant le 

gonpa (monastère) de Rangdum

édifié sur une petite butte un peu plus loin.

 

 

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