Dharamsala,

c’est pas ma tasse de thé

 

 

J’ai deux alternatives : vaut-il mieux

  • rester enfermé dans ma chambre parce qu’il fait 50° dehors et qu’en moins de 5 minutes je reviens trempé (de sueur) de la tête aux pieds ?
  • rester enfermé dans sa chambre parce que la mousson étant enfin arrivée, il tombe des trombes d’eau qui vous trempent de la tête aux pieds ? La cape anti pluie me mouille tout autant de condensation tant ça chauffe là-dessous… Alors, out la cape qui a très vite atterri au fond du sac. Mouillé pour mouillé autant ne pas bouillir.

Je m’attendais un peu à pareille infortune avant de gagner le Ladakh épargné pas la mousson. Mais j’ai un peu le sentiment de perdre mon temps ici à ne rien faire !

L’escapade à Mac Leod Ganj a été une mini aventure. Pour ceux qui l’ignoreraient encore je précise que c’est le siège du gouvernement tibétain en exil et la Résidence permanente du Dalaï Lama… quand il n’est pas en voyage ailleurs en Inde ou à travers le monde. C’est la ville mythique de tous les bouddhistes tibétains, donc incontournable. Mais ce fut une très grosse déception pour moi.

Après m’être engouffré dans un bus bondé, j’ai pu récupérer la dernière place assise dissimulée par la cohue aux regards avides en quête d’un siège, car j’ai adopté désormais la même « technique » que les indiens quand je monte dans un bus.

Lente ascension – une heure pour faire dix kilomètres -, dans une atmosphère riche en exotisme : Depuis les touristes  aux trois quarts dénudés, sous prétexte d’Inde et de chaleur, jusqu’aux autochtones se rendant à la ville « sainte » (?), en passant par les hippies crasseux et malodorants.

L’arrivée a été un réel choc. Ce n’est pas une ville prévue pour une telle affluence de véhicules. Décrire la cohue serait inénarrable et sans intérêt : j’ai eu envie de fuir en courant quand je suis descendu du bus et que j’ai vu cette foule bigarrée et disparate. Avec la pluie qui était tombée, la gadoue dans laquelle je pataugeais ajoutait au « folklore ». Je crois que je n’avais jamais vu une telle concentration au mètre carré de « marchands du Temple ».  Sa Sainteté ne doit pas être là en ce moment car j’y ai aperçu bien peu de moines en robe bordeaux et tee-shirt safran et j’y ai croisé plus de touristes de tous bord que de tibétains en exil.

Ma première urgence étant de dégoter un parapluie, ce fut laborieux car toutes ces boutiques ne vendent que des bondieuseries bouddhistes, des – faux – châles pashmina, bols chantant, moulins à prière et autres touristeries qui fleurent bon l’arnaque.

Néanmoins, j’ai pu déguster une délicieuse omelette au fromage faite dans du beurre avec des toasts de pain brun grillés. Les bons côtés de la ville à touristes. Je me serais presque cru chez moi si je n’avais été entouré de pipistrelles anglaises hyper bavardes et dont le seul intérêt était de savoir où une cliente avait bien pu acheter sa robe – somme toute très quelconque !!! -.

Plusieurs fois des indiens s’adressent à moi en Hindi pour me demander un renseignement, me prenant pour un de leurs compatriotes, tandis qu’un couple de français, vêtus du déguisement typique du touriste en Inde, commet la même erreur en me parlant dans un anglais plus qu’approximatif.

Je n’ai pas bronché faisant semblant de ne pas comprendre !!!

– Tu vois bien qu’il comprend rien ! Et il a l’air complètement abruti avec son pantalon de zouave, s’est écrié la mémé.

Mort de rire ! Je porte en effet un jean’s aux jambes extrêmement larges, resserrées à la cheville par des lacets et avec d’énormes poches plaquées à soufflets – très pratique pour ce genre de voyage ! – œuvre d’un créateur français, au prix de 350 €, acheté 10 € à la braderie car personne n’en a jamais voulu… avant moi.

J’ai préféré redescendre à pieds les 12 kilomètres jusqu’à mon hôtel. Ça m’a fait un entraînement pour le Ladakh.

Pensant qu’à cette altitude, les moustiques seraient absents, j’avais ouvert en grand la porte donnant sur le balcon espérant quelque fraîcheur bienfaisante avant de m’endormir. En sortant de la douche, je trouve par terre, à un mètre de la table basse où je l’avais déposé, le sac en papier contenant mon dîner économique de samosas et feuilletés au poulet et légumes achetés avant de rentrer. Diable, me suis-je dit, le ventilo tourne bien fort !

Je m’approche, le sac est déchiré, il ne reste plus qu’un seul samosa. Passée ma première surprise d’occidental cherchant une explication rationnelle à la disparition des deux/tiers de mon dîner, il a bien fallu se rendre à l’évidence : un voleur, affamé, glouton, vorace, était venu se servir lorsque j’étais sous la douche. Mais quel genre de voleur ? Un humain ? Un rat ? Un singe ? Le plus beau c’est que JE N’AI RIEN ENTENDU : ni le bruit du papier qu’on déchire, ni un saut sur la table, RIEN !!! L’intrus a fait fort par sa discrétion. J’opterais bien pour un singe à cause de l’accès par le balcon, mais je pencherais plutôt pour la monture de Ganesh à cause de son hyper discrétion. Question à 2 balles : quelle bestiole est la monture de Ganesh ? Et puis les singes sont énormes ici, alors je l’aurais vu, je l’aurais entendu… En attendant, non seulement je n’ai plus de dîner mais je ressens un profond dégoût à l’idée de ces pattes sales et microbiennes d’un visiteur aussi peu désirable.

Si c’est un rat, il risque fort de revenir me visiter car il y a un espace de 5 à 8 centimètres entre le sol et la porte. Comme je n’ai pas envie de me gâcher ma nuit à guetter des bruits, je vais opter pour un plantigrade !!!  D’ailleurs ne dit-on pas « malin comme un singe » ? Mais j’imagine ma surprise, ma frayeur et mon dégoût si je l’avais pris sur le fait… Ici, la gent simiesque n’a rien de ses congénères d’un zoo bien entretenu !!! Sales, souvent couverts de plaies purulentes ou dégoûtantes, et se vautrant dans les bennes à ordures débordantes d’immondices. La Ville de sa Sainteté, n’a rien qui ressemble à Shimla par sa propreté et son hygiène de vie !!!

Cela m’a fait prendre conscience de mon imprudence à laisser grande ouverte une porte donnant sur un balcon situé à un demi étage tandis que je suis en train de me doucher. (Ah, ah, ah j’entends déjà les commentaires de mon ami Raga…)

Au lieu de quelque nourriture ça aurait pu être mon sac avec mon argent, mon passeport, etc…

Aujourd’hui 1 € = 79, 45 Rs. Pas d’hésitation, j’ai tout changé d’un coup. Ainsi je vais me balader AVEC LA TOTALITÉ DE MON BUDGET VOYAGE. Oui, je sais, encore une erreur. Suffira de ne pas faire n’importe quoi, de faire des « parts » et de prévoir plusieurs endroits différents pour chaque part, afin de ne pas risquer de tout perdre ou de me faire voler.

Demain je pars pour le magnifique site méconnu de Chamba, et je m’en réjouis. Personne n’y va. On se demande pourquoi, mais c’est TANT MIEUX !!! J’espère ne pas y trouver trop de pluie…

Je raconterai Chamba dans un autre article.

 

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