Nous nous souviendrons toujours de Mulbek

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Arrivée difficile à Mulbek : aucune guesthouse propre. Que des taudis !

Alors je demande au chauffeur de nous conduire directement à Lamayuru où j’ai plusieurs bonnes adresses d’hébergement. J’étais prêt à ignorer cette étape.

Dommage, les paysages sont superbes et phénoménaux, on se croirait sur Mars ou dans les grands canyons américains.

Le chauffeur est épuisé. Apparemment le thé qui devait le remettre miraculeusement sur pieds, n’a pas fait grand effet. Nous n’avions fait qu’une courte pause à Kargil pour nous restaurer et pour que Johny puisse enfin joindre sa famille. Alors nous finissons par accepter une chambre à peu près correcte à la Karzoo guesthouse. Mais la salle d’eau, sur le palier, commune à trois chambres, est épouvantable. Un vrai cloaque. Johny lui-même ne veut pas se doucher quand il voit la couleur de l’eau dans le seau. Pas d’eau au robinet ! Sans compter la crasse du seau, celle du sol en ciment et du lavabo prétendument blanc… De nouveau je pousse une gueulante.

Nous descendons à ce qui fait office de restaurant pour apprendre qu’il n’y a rien à manger alors que nous avons une faim de loup. Décidément le sort s’acharne sur nous.

Soudain, sans préambule, Johny m’annonce qu’il veut partir à Leh en bus, seul,  dès le lendemain. C’est un véritable coup de massue.

Je ne comprends pas puisque j’ai déjà réservé une chambre correcte à Lamayuru et que nous devons gagner Leh en 12 jours environ en visitant tous les lieux intéressants entre Lamayuru et Leh. Je prends alors conscience que je suis odieux depuis plus de 48h n’arrêtant pas de râler et de gueuler. La façon dont il me fait part de sa décision est telle que j’interprète immédiatement qu’il n’en peut plus de supporter mon sale caractère et mes gueulantes. En effet il ne m’avait jamais vu sous ce jour. Je suis plutôt d’un naturel tranquille et serein habituellement. Mais, là je suis devenu un chien enragé. Il ne doit pas me reconnaître.

J’ai reçu un tel choc à cette nouvelle ! Trop d’émotions depuis deux jours, trop de fatigue aussi, manque de sommeil. Je ressens une grosse boule douloureuse dans la gorge et je me mets à pleurer comme un veau, moi qui ne suis pas de tempérament pleurnichard. Il est sidéré. Il m’avise alors qu’il est OBLIGÉ de rentrer chez lui au Kérala, que son père est au plus mal. Son état a empiré. Il ne s’alimente plus, il vomit du sang. Il est en phase terminale. A mon tour d’être pétrifié. Il ne m’avait rien dit de son coup de fil passé à sa famille depuis Kargil ! Il m’avait déjà souvent expliqué qu’un indien ne montre jamais ses sentiments et ses émotions et que lui, pour ça, il est un indien typique. Pourtant, là, il craque. Il ouvre une porte de son jardin secret. Il raconte ses rapports avec son père, sa vie d’enfant et d’adolescent élevé par un couple marié-arrangé-sans-amour. Il parle de son DEVOIR face à la mort prochaine de son père. Je ne dis rien, j’écoute.

Finalement, il décide de rester une journée de plus, mais veut prendre un bus le surlendemain pour Leh et ensuite Delhi.

– Pas question de te laisser partir seul. Je pars à Leh avec toi !

Je suis paniqué car nous sommes paumés à Mulbek. Les bus sont tous bondés, pas de place pour nos bagages. Pas de taxi. Pour en trouver un, il faudrait retourner à Kargil. Mais un jeune homme se propose pour nous amener en voiture pour 4000 roupies. Excellent prix. Au point où nous en sommes, nous n’avons pas le choix. Ce n’est pas le moment de se poser des questions. Nous acceptons.

Rassérénés, si l’on peut dire, nous partons en fin de journée pour une promenade de plusieurs kilomètres aux environs de Mulbek. Rassérénés ? Pas sûr. Plutôt taciturnes, mais cela ne nous empêche pas d’être en admiration devant les paysages que nous ne nous lassons pas de contempler.

De ce jour nous avons compris tous les deux qu’une  forte amitié était née entre nous. A ce jour, elle me paraît indéfectible. Nous n’évoquons jamais notre passage à Mulbek sans émotions. Nous n’oublierons jamais Mulbek.

Shergol

Le lendemain nous partons pour le monastère troglodyte de Sherghol. seize kilomètres aller-retour sous un soleil de plomb. Je teste une nouvelle fois ma bonne constitution.

A mi chemin, déjà nous avons soif et faim bien que nous ayons réussi à avaler un petit déjeuner correct. En contrebas de la route nous apercevons un camp militaire et nous sommes amusés par un grand panneau sur la route indiquant que la cantine du camp est ouverte à tous et qu’il est possible d’y prendre ses repas.

Une courte étape thé, samosa et gâteau au miel… Nous recevons un accueil particulièrement amical et chaleureux. Nous pensons que très peu de touristes doivent venir manger ici. De fait, à chacun des nombreux contrôles de police/armée, j’ai trouvé ceux-ci très polis et sympathiques. Enfin arrivés enfin au gonpa, arrimé/creusé dans la falaise, nous grimpons jusqu’à l’entrée sous un soleil brûlant. Merde ! Tout est bouclé. Un pauvre hère vient à notre rencontre : Il fallait demander la clef dans une maison du village, mais nous l’ignorions, alors retour sous la canicule. Les deux litres d’eau sont épuisés. Pas grave nous en achèterons au camp militaire, j’ai vu qu’ils en vendaient. Re-merde ! La cantine est fermée, maintenant.

De nouveau souffrance et galère à la salle de bain : pas d’eau. Nous nous lavons juste la tête et le cul à l’eau en bouteille car la randonnée de seize kilomètres a fait son effet de régulateur intestinal. Je ne gueule plus, au contraire toute la tristesse de la veille a disparu, nous rions comme des bossus.

 

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