Du Gompa de Likir à la forteresse de Basgo…

en passant par Saspol

 

 

Après avoir quitté Alchi, surtout avec la nécessité pour Johny d’aller aux toilettes toutes les cinq minutes, nous devions séjourner à Likir.

Nouveau superbe monastère, perché à nouveau au sommet d’une colline d’où l’on embrasse toute la vallée, mais à quarante kilomètres de Leh seulement. Ce qui signifie de nouveau invasion de touristes arrivant là « en curieux ».

La visite avait très bien commencé car une puja venait de débuter. Nous avons retrouvé là une partie des moines qui avaient déserté Ridzong pour venir à cette manifestation qui nous a semblé importante tant par le nombre de moines que par l’impressionnante cacophonie musicale  régnante.

Je l’ai déjà dit, mes visites de monastères sont moins pour découvrir de magnifiques peintures ou statues que pour m’imprégner de prières et de musiques dans lesquelles je puise une grande paix intérieure en même temps qu’une énergie que je ne saurais définir. C’est un moment de sérénité où je me fonds dans ces prières, plongeant au plus profond de moi-même, en communion avec les moines.

Mais je n’ai pas leur faculté d’abstraction de l’environnement, si bien que les visiteurs me dérangent sitôt qu’ils ne prennent pas place sur un coussin pour se joindre à nous et rester en silence. Et ici à Likir, ce fut un défilé continuel de touristes déambulant de façon incongrue. D’autant plus que l’on se demande pourquoi ils viennent là. Ils défilent en procession sans vraiment regarder ?

Ils entrent, passent, et ressortent.

Les européens, en général, sont respectueux du silence, mais les indiens sont incapables de se taire.

Ce qui m’a déconcerté c’est l’arrivée insolite d’un groupe nombreux d’adolescents germains pour qui cette visite, imposée sans doute par quelque responsable de l’encadrement, semblait une corvée incommensurable. Mais le pire du pire fut un groupe de français, nombreux également, comportant une majorité de femmes qui pensaient sans doute se croire au Club Med à en juger par leurs vêtements. Bustier tenu juste par de fines bretelles, seins en liberté pour certaines, shorts au ras des fesses, sans oublier les effluves pénétrantes de crème solaire.

Et celles-là croyez-moi ne sont pas restées silencieuses.

Oh certes elles ne braillaient pas, mais échangeaient entre elles des propos complètement ineptes.

Et, au bout de quelques minutes, pour la première fois depuis notre arrivée au Ladakh, les moines nous ont tous priés d’évacuer les lieux. Comme je demandais si je pouvais rester puisque j’étais là à méditer depuis un moment, un moine m’a répondu non c’est l’heure du repas .

Abasourdi que j’étais !

Jamais au grand jamais, nulle part ailleurs, on ne nous a prié de sortir sous prétexte du repas des moines. Au contraire, ils nous ont toujours convié à partager – copieusement – cet instant avec eux.

PARTOUT.

Plus que de la colère, j’ai ressenti une grande honte d’être amalgamé à ces gens-là, chassé du temple pour conduite déplacée.

Arrivés sur la vaste terrasse dominée par une statue d’un Bouddha doré de 20 mètres de haut, elles étaient là à pérorer et à trouver choquant qu’on nous ait demandé de sortir.

Alors, là, j’ai littéralement explosé. Sans hausser le ton, toutefois, sans faire de scandale, je leur ai fait une scène dont j’ai le secret latin, en dépit d’une soi-disant vie antérieure indo-bouddhiste censée m’avoir légué calme et patience.

Je les ai carrément interpellées presque une à une en leur montrant leur tenue, déjà indécente pour visiter un monastère, et a fortiori dans le temple où se déroulait une prière.

Je m’en suis donné à cœur joie pour une fois que je pouvais m’exprimer avec toutes les nuances de ma langue – que je n’ai pas dans mon anglais basique – et sans que les autres – non concernés – puissent me comprendre.

Comme certaines mijaurées le prenaient de haut, je n’ai pas mâché mes mots évoquant l’effet qu’elles pouvaient susciter sur des moinillons de 14 à 18 ans qui très probablement n’avaient même jamais vu un mollet de femme de leur vie.

Je leur ai demandé si elles déambuleraient ainsi et dans ces tenues dans une église au beau milieu d’une messe. Je leur ai dit que ce manque de respect était la cause de plus en plus fréquente de temples fermés aux visites libres.

Deux d’entre elles particulièrement vipérines ont déclaré quelles étaient là « en vacances » et pas obligées de se soumettre aux règles locales et qu’en tant que français je n’avais pas à me mêler de « faire la police »

– Eux ne nous ont rien dit !!!

A quoi j’ai rétorqué :

– Eux ne vous diront jamais rien, ce n’est pas dans leur culture. Mais ils nous ont chassé du temple ! Du jamais vu. Lorsqu’on est invité chez quelqu’un on s’habille correctement on ne débarque pas en maillot de bain, et quand on visite un pays on n’oblige pas les habitants à s’adapter aux visiteurs mais au contraire on s’adapte à leur mode de vie et leurs moeurs.

J’ai interpellé leur guide ladakhi francophone :

– Mais vous ne pouviez pas leur dire de s’habiller correctement et pas comme s’ils allaient à la plage ?

Il n’a pas pu me répondre, pris entre le marteau et l’enclume.

Mais plus tard, à part, il m’a avoué en douce :

– Nous on ne peut rien dire, mais c’est bien que vous leur ayez dit tout ça.

Le Ladakh est en train de devenir un vrai Goa. C’est écœurant.

 

A Likir, nous avons aussi retrouvé les arnaques hôtelières, et du coup, vu la gastro de Johny, nous sommes rentrés sur Leh où il s’est vite rétabli.

En revanche, moi, je n’en parle pas trop, mais je me fatigue très vite et j’ai souvent sommeil. Aujourd’hui je n’ai pas fait moins de trois siestes. Deux ce matin après le petit déjeuner, entrecoupées par une courte balade qui m’a épuisé. Plusieurs raisons à cela : l’altitude, la forte chaleur – aux environs de 35° -, les montées et descentes dès qu’on veut aller quelque part et l’ami Johny qui prend toute la place dans le lit en dormant en diagonale, et qui est réveillé – et me réveille du même coup – chaque matin à 6h.

Va savoir aussi quelles plantes entrent dans la composition des pilules-miracles administrées par mon médecin tibétain ?

Bref je suis à la fois en pleine forme, gambadant comme un lapin et grimpant comme une chèvre, et également souvent fatigué. Je sais, c’est contradictoire.

 

Encore un site superbe que Basgo, cette citadelle construite aux XVème et XVIème siècle, et qui fut à une époque la capitale du Ladakh.

Emergeant des ruines de l’ancienne forteresse, bâtie sur un piton rocheux déchiqueté, les trois temples ne manquent pas d’intérêt. Le plus grand a conservé des fresques et un plafond remarquables de fraicheur.

 

 

 

 

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