Les Monastères de

Matho – Hemis – Stakna – She

 

 

Je fais un petit retour en arrière car j’avais oublié de vous parler de ces monastères que j’ai visités avant l’arrivée de Johny, ne sachant d’ailleurs pas à ce moment là qu’il allait revenir.

J’avais loué une voiture pour la journée. Ici quand on vous parle de voiture, il faut tout de suite visualiser un gros 4 x 4 confortable. D’une part parce que les routes sont plus souvent des « pistes » que des routes en dehors des axes principaux. Et les touristes indiens – riches – n’accepteraient jamais une voiture pourrie. En revanche cela ne les dérange pas que toute la smala – 10 ou 12 personnes – s’engouffre dans un seul et même véhicule.

Même si je suis un bon marcheur et que de grandes balades ne me font pas peur, je ne me sentais pas de faire des randonnées, seul, à travers le Ladakh, et trop indépendant pour me joindre à un groupe.

Mon idée était de me rendre en certains villages et de là partir pour des randonnées d’une journée ou deux au maximum en demandant à un chauffeur de me récupérer à l’arrivée.

Je n’ai pas trop eu l’occasion de la faire, pas autant que j’aurais voulu. Alors, pour visiter les monastères, je me suis contenté de quelques escapades motorisées en circuit. Comme celle-ci : Matho – Hemis – Stakna – She

Matho

A 26 kilomètres de Leh, édifié sur une colline, un des monastères les plus fameux, datant du XVIème siècle, est surtout célèbre pour la grande fête de Nagrang en février, au cours de laquelle des moines entrent en transe de façon spectaculaire, les yeux bandés, courant sur les toits-terrasses au bord du vide. Et, une fois possédés, délivrent des oracles aux paysans venus demander quel sera leur sort prochain.

J’étais parti de bonne heure dans un double but : éviter la foule des touristes, mais surtout participer à une puja.

Si c’était réussi pour le premier, car il n’y avait pas âme qui vive, ce fut un échec pour le second, absolument pour la même raison. Tout était cadenassé.

Je finis par rencontrer un moine dans ce désert à qui je demande s’il peut m’ouvrir les sanctuaires comme cela se fait souvent quand ils sont fermés. Le coquin, mal embouché-mal réveillé, commence à grommeler et me répond que si je veux qu’il m’ouvre je dois lui donner 200 roupies. J’en suis resté bouche bée. Et, bien sûr, j’ai refusé, faisant semblant de m’en moquer éperdument en me contentant de flâner dans la cour, et sur les terrasses. J’ai pris mon temps.

Et en redescendant j’ai trouvé quelques portes grandes ouvertes…

Je ne suis pas certain qu’il ait cherché à me soutirer de l’argent. En général ils s’y prennent de façon plus diplomatique. Je pense qu’il n’avait pas envie de s’embêter à cette heure matinale et qu’il espérait que, découragé, je m’en irais sans insister.

Toutefois quand j’ai raconté cette anecdote à Norboo et Dolma, cette dernière m’a affirmé être choquée mais pas surprise de la vénalité du moine.

Hemis

Assez déçu quand même, je retourne à la voiture et nous voilà en route pour Hemis.

Si je découvre de très beaux paysages en arrivant vers un des monastères les plus célèbres, j’émets une sorte de grognement-rugissement-hululement qui dit à lui seul mon sentiment de colère, de déception et de renoncement. Le chauffeur comprend immédiatement, et comme il commence à me connaître, quand je lui dis : on s’en va, je ne descends même pas, il réplique : va voir quand même sinon tu ne seras pas totalement sûr d’avoir raté ou non ta visite.

Pourquoi ? Vous vous demandez ce qui se passe ? Ou, perspicaces comme vous l’êtes sûrement, vous avez déjà saisi ?

Le Mont Saint Michel en plein mois d’août !!!

Des parkings immenses envahis de bus et de 4 x 4, un environnement grouillant. Ils étaient là partout telles les invasions de criquets pèlerins de mon enfance quand, sous un soleil torride, soufflait le sirocco, le vent du Sahara.

J’ai suivi les conseils de mon sympathique chauffeur et me suis dirigé vers l’entrée où, décidément, la vision de tous les panneaux s’adressant aux visiteurs, et le bataillon de moines cupides qui engrangeaient leur récolte de roupies, je me suis senti plus déçu et découragé que coléreux.

Je n’ai rien contre le touriste en soi. Pas du tout. Ils ont bien le droit de se balader. Non c’est une question de foule qui va là, parce qu’il faut aller là. C’est une question d’ambiance que je n’aime pas, quelque chose qui sent l’artificiel, une façon de se comporter aussi…

Mais au milieu de cette foule et de la vision que je vous décris, j’ai eu, un quart de seconde le temps de faire une photo mémorable : Hemis-le-désert !!!

Vous allez penser en voyant cette photo : décidément ce mec est complètement jobard – ou barjot si vous préférez -!

Et plus triste et penaud que contrarié je suis retourné à la voiture.

Décidément c’était pas mon jour !

Alors, vu que cela faisait un gros trou dans notre emploi du temps, le chauffeur me dit : Eh bien je vais t’amener à Satkna – que j’avais prévu de visiter un autre jour en allant à Thikse -.

Stakna

Fondé lui aussi au XVIème siècle, mais vers la fin, le monastère se dresse sur un piton rocheux, complètement isolé au beau milieu de la plaine, dominant l’Indus, et c’est assez étonnant de le découvrir de loin, ainsi perché.

Situé de l’autre côté de la route et de l’Indus, on ne peut y accéder que par un petit pont de planches, bien précaire.

Ma visite ici m’a complètement rasséréné, non seulement pour ce que j’y ai admiré mais aussi par l’accueil des moines. Ils ne savaient qu’imaginer pour être agréables et chaleureux. Ils m’ont offert thé et biscuits, puis m’ont invité à manger. J’aurais bien aimé accepter mais je n’ai pu puisque le chauffeur m’attendait en bas.

Ici, aucun touriste, on se demande bien pourquoi car c’est un des monastères qui vaut le détour.

Stakna appartenant à la branche bhoutanaise des Drukpas, on peut y voir toute la lignée des Jabtrung Rinpoche avec au centre Jabtrung Namgyal le fondateur du Bouthan.

Dans une autre salle se trouvent également de superbes chorten en argent, incrustés de turquoises.

Ce que j’ai trouvé absolument étrange, mais magnifique c’est cette langue de verdure – végétation naturelle et cultures – s’étendant au milieu du désert le long de l’Indus.

Puis nous avons repris le chemin du retour en direction de Leh avec une halte à She.

En chemin, intrigué, je n’ai pu m’empêcher de descendre de voiture pour aller explorer l’impressionnant « champ » de chortens disséminés dans la vallée désertique et brûlante de Nyerma, en approchant de Thikse, quelques kilomètres avant She.

She

She ne fait pas partie des monastères de cette région. Il s’agit d’un ancien Fort du Xème siècle, construit par le premier roi du Ladakh, et d’un palais édifié juste en dessous, datant du XVIème siècle. Il ne reste que quelques ruines du Fort, mais en revanche le palais, longtemps resté à l’abandon, est en cours de restauration.

Entre le palais et le Fort, Dresthang gompa, bâti sur deux étages, abrite une monumentale statue de Bouddha Sakyamuni, assis, d’une dizaine de mètres de hauteur, en cuivre recouverte d’or, coulée en 1633, qui occupe les deux étages.

Si nous grimpons au niveau supérieur, nous nous trouvons face à la tête de Bouddha, tandis que le bas de la statue repose à l’étage inférieur.

On peut aussi découvrir dans une vitrine une très belle petite statue de Palden Lhamo.

Il est possible aussi d’admirer de magnifiques fresques, en partie recouvertes par la fumée des lampes à beurre, et à condition d’avoir une bonne torche dans son sac ou une lampe frontale.

 

 

 

 

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