Notre escapade au lac Tsomo Riri

 

 

 

 

 

Notre escapade au lac Tsomo Riri fut absolument fabuleuse et méritait bien les milliers de roupies qu’il a fallu débourser pour le « taxi » (un superbe et confortable 4 x 4)

D’abord une petite explication (elle est de Jean-Louis Taillefer dans son guide sur le Ladakh/Zanskar.)

Tso en tibétain (ladakhi ?) signifie lac. De ce fait beaucoup de voyageurs écrivent

Tso Moriri

Mais Moriri n’a aucune signification. Tandis que Tsomo serait une déformation du mot tibétain (ladakhi ?) pour désigner une nonne et Ri veut dire : recule ! arrière ! quand on s’adresse à une bête de somme.

Donc la légende serait celle-ci :

Une nonne chevauchait un yak aux abord du lac. Ce pauvre animal avait une soif terrible et se dirigea vers le lac pour se désaltérer, mais sa soif étant inextinguible, il continua à avancer dans le lac. Prise de panique, la nonne se mit à hurler : Ri ! Ri ! Mais le bovidé continua d’avancer et elle périt noyée.

Curieuse légende que ce yak qui s’aventure bien loin dans le lac pour boire et de cette nonne qui aurait bien mieux fait de sauter pendant qu’il en était encore temps au lieu de hurler.
Mais la force des légendes…

J’aurais une explication : l’eau est douce au bord du lac, on dit qu’elle serait salée en son milieu. Les vaches aiment le sel. Peut-être le yak préférait-il donc de l’eau salée ?

Une journée pour y aller, une journée pour revenir, en traversant des paysages somptueux, à couper le souffle, une nuit sur place à 4800 m. Le lac est fabuleux. 28 km de long, 8 km de large, et 75m de profondeur. Alimenté par toutes les rivières, cascades, sources issues des glaciers environnants, l’eau est d’une pureté et d’une transparence incroyable. La masse du lac, surtout vu des collines environnantes, passe par tous les bleus possibles et imaginables au fur et à mesure de la lumière du jour.

Pas vu de léopard des neiges, hélas, mais de nombreux yaks des troupeaux de nomades qui font paître ici les femelles enceintes et les petits. Les mâles restent plus haut en altitude nous ont-ils expliqué. Impossible d’acheter du beurre et du fromage de yak, car ils ne comprenaient rien à ce que nous demandions. Sans doute a-t-il mieux valu ? Car vu les conditions d’hygiène c’était un coup à choper je ne sais quelle bactérie.

Les nomades du Rupshu

qui prennent leur quartiers d’hiver au bord du

Tsomo Riri

détestent être envahis et observés par les hordes de touristes quand arrive un ou plusieurs bus d’énergumènes qui se répandent là en pays conquis avec leurs caméscopes et appareils photos. Nous étions seuls, Johny et moi, en fin de journée, et avons été le plus discrets possible, ne nous aventurant que dans les pâturages au milieu des yaks pour ne pas déranger les nomades, et c’est alors que des femmes et des enfants sont venus vers nous, spontanément.

C’est ce jour-là que j’ai dit à Johny : si je vois un léopard des neiges, je ne me sauve pas et je le prends en photo. C’est ça, m’a-t-il répondu, et moi je fais la photo du moment où il te saute dessus. Sinon, beaucoup d’ânes, très facétieux, quelques marmottes et leurs petits qui « jouaient » ensemble comme des enfants. Ici les marmottes sont beaucoup plus grosses qu’au Zanskar avec une fourrure plus claire.

Paysages somptueux. Ceux qui les verront constateront que certains ensembles de montagnes mêlant le rouge, le brun, le vert, le jaune, ressemblent à s’y méprendre à des aquarelles. Si j’étais bon en peinture, au lieu de courir les chemins je me planterais dans les coins les plus spectaculaires pour faire des aquarelles.

Une mention particulière pour la traite en série des chèvres : notez l’astuce des cornes entremêlées afin que la gent caprine ne bouge pas pendant l’opération.

 

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