Les surprises de ma randonnée

à Chilling


 

 

Le diaporama photos se situe tout en bas de la page à la suite du texte

 

 

 

 

 

 

Je suis un bon marcheur mais pas un grand randonneur sur plusieurs jours. Aussi j’ai loué une voiture pour me conduire à Chilling.
La route, en partie en cours de réfection, est particulièrement mauvaise, mais absolument fantastique pour ses paysages aux fabuleuses couleurs de roches s’étalant à mes yeux du rouge au vert en passant par le rose et toute la gamme des bruns, ocres, et beiges. Et cela dès le confluent de l’Indus et de la Zanskar river.

Arrivé à Chiling, j’ai été très déçu par le lieu. Ce n’était pas du tout ce que j’attendais. Je souhaitais y voir les artisans travaillant le cuivre, l’argent et l’étain tant pour les objets de culte que pour les ustensiles de cuisine. Je ne sais pas si j’avais mal choisi mon jour ou mon heure, mais je n’ai rencontré personne.
Désert absolu exceptés quelques marchands ambulants avec leurs charrettes, vendant de l’eau, des pastèques, des fruits secs, et autres biscuits pour d’éventuels randonneurs.

Je voulais faire une marche dans la montagne, pour la journée. Je l’ai dit à mon chauffeur qui m’a aussitôt informé que nous n’étions pas au bon endroit pour cela. Et il m’a transporté au départ du chemin conduisant au village de Sumdah Chen Mo.
– C’est d’accès facile, tu peux y aller seul sans risques, prends ton temps, moi je t’attendrai ici, je ne bouge pas.

J’ai commencé une gentille grimpette longée par les flancs escarpés et déchiquetés de la chaîne du Zanskar. Au bout d’un court moment j’ai commencé à souffrir de la chaleur, cheminant sous un soleil ardent. J’ai d’abord utilisé un foulard pour protéger mon crâne rasé de ses fureurs. Mais ce n’était pas suffisant tant la chaleur était intense. Par chance, un ruisseau limpide alimenté par de nombreuses sources fraîches courait en contrebas parmi les buissons et les herbages. Il me suffit de faire quelques écarts réguliers pour y tremper mon foulard encore et encore car il séchait en quelques instants.

A un moment, j’ai reçu deux ou trois jets de pierres. J’ai d’abord pensé qu’elles provenaient de glissements naturels. Mais j’ai noté que la muraille était si vertigineuse et raide que ça ne pouvait être plausible. J’étais absolument seul dans ce décor de conte fantasmagorique, je me suis inquiété :
Quelqu’un cherchait à m’atteindre en me lapidant.
Fantasme paranoïaque engendré par une peur soudaine.
J’ai levé la tête et scruté les parois acérées pour identifier mes agresseurs, prêt à m’enfuir au grand galop jusqu’à la voiture.

 

Parenthèse

Il m’est arrivé de payer bien cher pour visiter des Parcs Nationaux où je n’ai vu que défilés de jeeps et de 4x4, et entendu hurlements de meutes de touristes indiens vociférant à la vue… d’un écureuil…
Alors que je suis tombé, par hasard, un jour en m’enfonçant pour pisser dans des buissons, sur une troupe d’éléphantes en goguette avec leurs petits.

Pétrifié, le mec !
D’autres fois, presque dans les mêmes circonstances, j’ai rencontré des antilopes Nilgaut, des daims, une mère ourse et son petit, un léopard faisant la sieste allongé sur une branche d’arbre. Là je ne me suis pas risqué trop près et j’ai vite – mais lentement – battu en retraite, sans même songer à faire une photo. Sans parler de tous les petits mammifères et oiseaux rares.
Si j’ai un conseil à donner, c’est d’éviter les Parcs Nationaux, mais de vous balader le long des routes qui les longent ou de pénétrer dans la jungle autour. De préférence après 17h juste avant la nuit ou à 5h ou 6h le matin, et avec un bon guide.
Sûr que si vous tombez sur une patrouille, ça craint si vous êtes entrés dans une zone interdite !

Parenthèse fermée.

Mais progressivement le chemin se fit plus étroit, jusqu’à finir par s’effacer parmi le gravier glissant des éboulis. Tant et si bien que j’ai commencé à déraper, mais acharné à poursuivre mon chemin jusqu’au village où je savais trouver de magnifiques statues sculptées dans du bois et datant du VIIIème siècle, selon Jean Louis Taillefer. – Encore lui. –
Mais, le chemin effacé, je progressais sur un terrain pentu parallèlement à mes pieds sur ma droite, et bordé d’un ravin « enrocaillé »- je viens d’inventer le mot – où coulait un torrent, sur ma gauche. J’avançais à pas lents sur ces éboulis félons, sans bâton, jusqu’à ce qu’une nouvelle glissade me fasse descendre d’environ deux ou trois mètres dans le ravin.

Je réussis à me rétablir et à arrêter ma chute.
Mais là, quand tu sens tes guibolles qui tremblent et flageolent, que tu as le vertige, et que tu as un minimum de bon sens, tu te dis arrête de faire le con, tu n’es plus un jeunot, tu es absolument seul, tu n’as pas vu un seul randonneur en deux ou trois heures de temps, il est plus prudent de rebrousser chemin, même si c’est une immense déception.
Alors, tant bien que mal, sur les genoux et sur les fesses, j’ai regagné le chemin à l’endroit où il réapparaissait – ou avait disparu – sous l’éboulis, et j’ai regagné la voiture avec un sentiment d’immense frustration.

Tandis que je commençais à me remettre de ma peur et que je contemplais l’immensité de ces parois rocheuses, je vis apparaître soudain dans le ciel…
Un nuage…
Mais pas n’importe quel nuage !
Celui-ci était noir, avait une forme oblongue qui m’a évoqué un cocon de ver à soie. Et il se déplaçait bien plus rapidement que les autres nuages qui d’ailleurs n’étaient pas noirs comme lui, mais blancs.
Le temps de prendre une photo et il avait disparu aussi mystérieusement qu’il m’était apparu.
En effet, quand j’ai ôté mon œil du viseur – je ne fais une photo que très rarement avec l’écran – et que j’ai relevé la tête, le ciel était redevenu limpide et le mystérieux objet volant – non identifié – s’était volatilisé.
Plus tard, en agrandissant la photo sur mon écran d’ordinateur, j’ai remarqué qu’à l’intérieur du « cocon » plus clair, se trouvait un autre plus petit et beaucoup plus sombre…
Bien sûr, je suis persuadé d’avoir vu un OVNI, et personne ne pourra me m’en faire démordre.
Comme quoi, on voit de tout en Inde !!!

Mais une nouvelle frayeur m’attendait.
En regagnant mon point de départ, la voiture… et son chauffeur… avaient disparu !!!
J’ai d’abord pensé qu’il était reparti à Chilling boire un thé.
Mais ne le voyant pas revenir, j’ai commencé à m’affoler.
Et s’il allait ne pas revenir ?
Kidnappé par des extra-terrestres ? – Non là je déconne, j’ai pas imaginé ça du tout –
Puis je me suis rassuré en me disant qu’il n’avait rien à gagner à me laisser en plan alors que je ne l’avais pas payé et que c’était Norboo qui me l’avait trouvé.
Alors je me suis tranquillisé en allant me promener et faire des photos.

Je l’ai attendu deux heures !
C’est long deux heures quand on attend quelqu’un.
Il m’expliqua que sachant où je voulais aller il avait calculé mon heure de retour approximative et était allé passer l’après-midi chez un copain à une dizaine de kilomètre de là…
Nous avons bien ri tous les deux de ma frayeur.

 

 

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