Shivaratri, la fête de Shiva

Shivaratri, la fête de Shiva, est une grande manifestation hindoue qui célèbre le mariage de Shiva et Parvathi. Elle marque aussi la convergence de Shiva avec Shakti. En fait, les deux seraient la même déesse sous des noms différents, selon ses fonctions, comme cela est très souvent le cas dans la mythologie hindoue.

La fête est caractérisée par l’offrande de feuilles de Bael et une journée de jeûne, ainsi que toute une nuit de veille de 18h à 6h du matin, en effectuant une « puja » toutes les trois heures.

A 18h, du lait est versé sur le lingam (de Shiva !), à 21h du lait caillé, à minuit du ghee (beurre clarifié), et enfin à 3h du matin, du miel.

Chacune de ces ablutions est suivie d’une offrande de feuilles de Bael.

Ces rites sont accompagnés de récitations védiques dont le célèbre Om Namah Shivaya.

Les femmes sont particulièrement attachées à la célébration de cette fête. Celles qui sont mariées prient pour leur mari et leurs fils, celles qui ne le sont pas prient pour trouver le mari idéal (pareil à Shiva).

Les photos qui accompagnent ce texte ont été faites dans un petit village près de Madikeri. En fait, le minuscule temple où se déroulait la cérémonie se situait dans un roc (soi-disant une ancienne caverne de tigre), au sein d’une forêt, à plus d’une heure de marche. Mal renseigné, car on pensait que ça ne m’intéresserait pas, je n’ai pas pu assister aux pujas de la nuit.

Mais aurais-je eu la patience et la ferveur des fidèles ?

Ce qui m’a surpris, c’est, une fois de plus, l’universalité des religions. Car après les rites, et après que les prêtres eurent préparé l’un un grand plateau de fleurs, l’autre une mixture dans une grande gamelle, ce dernier en absorba une grosse cuillerée, comme le prêtre catholique mange une grosse hostie, puis les fidèles se sont avancés à la queue-leu-leu, tendant une main ouverte pour recevoir une petite cuillerée de cette bouillie, ainsi qu’une fleur du plateau.

La « communion » des chrétiens , quoi ! J’ai eu droit à la bouillie et à la fleur.

Comme souvent lors des fêtes pratiquant le jeûne, celui-ci est suivi d’une débauche de nourriture et particulièrement de sucreries, offertes par le temple, qui m’ont été servies sur une feuille de bananier.

Ce qui m’a incité à écrire cet article aujourd’hui, c’est la mise en ligne de nombreuses photos dans la galerie sur le thème de la religion, ainsi que le comportement de mes meilleurs amis indiens en ce premier janvier.

Johny m’a dit être dans l’impossibilité de venir me rejoindre pour passer la soirée de Saint Sylvestre avec moi parce qu’il devait aller à l’Eglise pour célébrer la Nouvelle année. Je ne vois pas trop le rapport, mais eux, si. C’est d’une IMPORTANCE CAPITALE d’aller à la messe aujourd’hui 1er janvier, même si nous sommes vendredi et que dans deux jours ils y retourneront parce que ce sera dimanche.

Avec Shahal, nous avons passé une très belle soirée ensemble, fait un excellent dîner de Saint Sylvestre, buffet à volonté-raffiné-copieux-avec plus de 20 plats différents, décoration florale superbe, nappes blanches immaculées et frou-froutantes, si vous voyez ce que je veux dire, grandes serviettes en tissu, un bataillon de serveurs aux petits soins, pour… l’équivalent de 6,25 € par personne.

Il ne manquait que le vin !!!

Il nous a fallu le boire en douce dans la chambre, en partie avant le repas, en partie après.

Alors que les pétards, musiques, chants et danses dans les rues m’empêchaient de dormir, lui, sommeillait comme un bienheureux. Mais avant même 6h du matin, le voilà qui se précipite à la salle de bain, se douche, et s’habille en me disant : il faut que je parte maintenant parce que aujourd’hui c’est vendredi, et il faut que j’aille à la mosquée pour la prière du vendredi !!!

Eh merde ! Moi qui pensais que nous allions partir nous balader toute la journée avec sa moto.

En ce qui concerne Julesh, un hindou celui-là, instruit, cultivé, ingénieur, c’est hier que nous devions aller nous balader ensemble, et le voilà parti à 4h de l’après-midi en annulant nos projets…pour aller à je ne sais quelle puja, à la suite d’un décès dans sa famille.

Chacun critique les pratiques religieuses des autres sans se rendre compte que chacun d’eux, dans sa propre religion, se comporte exactement de la même façon que les autres.

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure navigation sur notre site. Si vous continuez à utiliser ce dernier, nous considérerons que vous acceptez l'utilisation des cookies. plus

The cookie settings on this website are set to "allow cookies" to give you the best browsing experience possible. If you continue to use this website without changing your cookie settings or you click "Accept" below then you are consenting to this.

Close