Mes premiers pas dans Srinagar,

capitale du Jammu et Cachemire.

Après-midi ballade sur les rives du lac. Une pure merveille. Oui, Annecy, en quatre ou cinq fois plus grand, et plus… EXOTIQUE. Un temps superbe qui m’oblige à m’abriter sous mon grand parapluie à la doublure réfléchissant la chaleur. Une trouvaille super. S’il pleut ça vous abrite, s’il fait trop de soleil vous êtes à l’ombre et épargné par trop de chaleur grâce à cette doublure isotherme.

J’ai visité une grande manufacture où j’ai vu des châles somptueux par leurs couleurs, design et finesse. En laine de mouton, bien sûr, mais en VRAI cashmere, en VRAI pashmina, et quand on a les trois sous les doigts on sent la différence. Différence de prix évidemment !!! Pareil pour les sacs, trousses de toilette, portefeuilles et porte-monnaie, sans oublier les magnifiques et innombrables boîtes en papier mâché. Quel travail, quel art ! Quelle finesse dans les peintures miniatures et la qualité du vernis. Quant aux tapis, c’était un enchantement des yeux. Rien que des tapis tissés/noués à la main bien sûr et quelle beauté, quelle délicatesse dans les motifs et dans les couleurs. Je n’aurais pu ni su lequel choisir. Chers, bien sûr, mais tellement moins qu’en France.

Et surtout, tout au long de ma promenade, cet accueil fabuleux, quel que soit l’âge des gens qui m’interpellaient. Et quand tu réponds que tu es français, alors là c’est le summum, on t’offre un thé, on veut parler avec toi pendant des heures, on te pose mille questions sur l’Europe et la France…

Trois jeunes gars m’ont abordé en me disant qu’ils voulaient me poser des questions. Je me suis immédiatement raidi. Mais la méfiance et la crainte se sont vite dissipées. C’étaient des jeunes qui travaillaient pour une revue publicitaire de promotion touristique du Cachemire : « Discover Cashmeer ». Evidemment, les occidentaux ont peur, ils ne viennent pas au cachemire où ils sont peu nombreux. Je n’en ai croisé que quatre aujourd’hui… En revanche les touristes indiens sont partout. Non, pardon, pas partout. Ils ont l’esprit grégaire et se cantonnent essentiellement aux abords du lac Dhal. Et voilà que commence sur la promenade qui longe les rives, une interview en règle avec des prises de photos sous toutes les coutures… Bien sûr, on me demande de parler du Cachemire aux français, de leur dire que c’est magnifique, de leur parler de la conception cashmere de l’accueil. Un moment vraiment sympathique et hors du temps.

Cette gentillesse, cet accueil cashmere me laisse un arrière-goût de tristesse. Ce sont des gens hyper pacifiques et d’une grande sensibilité et là encore, ils sont victimes de l’extrémisme et des politicards alors que tous ces gens ne demandent, eux, qu’à vivre en paix et en harmonie avec les autres indiens ou pays occidentaux. C’était à chaque mètre que l’on m’arrêtait pour me parler, depuis les gens les plus modestes (des pêcheurs au bord du lac par exemple) aux plus bourgeois et riches. On t’interpelle pour te PARLER, pas pour te soutirer quelques roupies, pas pour te vendre quelque chose, pas pour te proposer une arnaque sous-jacente telle que drogue ou sexe. Les rickshaws et les loueurs de shikaras t’abordent, certes, mais sans l’insistance que l’on rencontre dans de nombreux autres lieux en Inde.

Le lendemain, j’ai d’abord pris le temps de rassurer mon ami indien, Johny. Le voilà dans son train, depuis deux jours, venant du Kerala pour me rejoindre au Cachemire – quatre jours et trois nuits de train et bus -. N’ayant subitement plus aucune nouvelle de moi – quand il appelait, il entendait un message lui disant que j’étais switch off – et ignorant la règlementation sur les communications téléphoniques dans l’Etat de Jammu et Cachemire, il s’est fait tout un cinéma, pensant qu’on m’avait fait un mauvais coup, qu’on m’avait enlevé, que j’avais eu un accident ou que j’étais au fond d’un ravin, bref il s’apprêtait à alerter la Police. J’aurais été dans un beau pétrin s’il l’avait fait… Merci pour le wifi de mon modeste hôtel qui fonctionne à la perfection, j’ai pu lui envoyer un e-mail.

D’ailleurs, une fois de plus, je ne comprends pas la logique indienne. Pourquoi cette réglementation sur le téléphone, pour des raisons de sécurité face au terrorisme, ? Alors que n’importe qui – donc un potentiel terroriste – peut envoyer un e-mail ou mieux encore appeler depuis le réseau local avec le téléphone d’un « ami ».

Suivit la visite de la « vieille ville ». J’avais l’impression de me balader dans un pays de conte des mille et une nuits. Un patrimoine fabuleux de vieilles maisons et de mosquées. Mais dans quel état ! On se demande pourquoi l’Unesco n’inscrit pas toutes ces merveilles au Patrimoine Mondial pour empêcher que tout ne tombe en ruines définitivement. Et toujours cet accueil, partout, ces interpellations depuis les boutiques, les fenêtres des maisons… même les passants dans la rue. Et quand ils peuvent te dire deux mots en français alors là ils sont aux anges… « La France, le plus beau pays du monde, pays de Liberté et de Tolérance… » Je croise des femmes voilées de noir, certaines même le visage entièrement caché sous une résille noire. Mais c’est une minorité. La plupart d’entre elles, et surtout les jeunes, se baladent en rose, vert, blanc, et visage découvert…

A un moment, je mourais de soif, pas une bouteille d’eau minérale à vendre dans le quartier. Un jeune mec me dit : « Je vais te chercher de l’eau. » Et le voilà parti avec une bouteille vide pour la remplir à la fontaine, à plus de 50 mètres de là. Mais je suis obligé de refuser à son retour… Je lui explique que nos organismes sont différents et fragiles, que je peux attraper mal au ventre. Il ne se vexe pas, il comprend.

 

 

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